Cahiers

Depuis 1998, Etampes-histoire publie chaque année un cahier sur diverses thématiques en rapport avec l'histoire locale. Ce cahier est distribué gratuitement aux adhérents (hors éventuels frais d'expédition).

Vous trouverez ICI le sommaire de tous les cahiers depuis leur parution et ci-dessous, la présentation des plus récents.

Les cahiers 20, 21 et 22 sont en vente au prix de 15 € (+ 7 € si envoi postal), le cahier 1 est épuisé, les cahiers 2 à 14 sont en vente au prix de 5 € (+ 7 € si envoi postal)

Cahier N° 17 (2020)

Nous avons choisi pour ce nouveau cahier, préparé en pleine période de confinement, de mettre à la Une la « Retirada » qui fit l’objet de la rencontre organisée en septembre dernier au théâtre intercommunal d’Étampes. Il nous a semblé en effet indispensable qu’une trace écrite puisse subsister de ce moment si particulier et si riche en émotions. C’est aussi une façon pour nous d’exprimer notre conviction que l’histoire locale ne saurait se cantonner dans une sorte d’érudition gratuite, de distraction culturelle pour gens curieux, mais qu’elle est avant tout mémoire collective. À la lecture de ces témoignages, vous serez frappés comme moi de l’importance des « blancs » dans l’histoire de ces familles de réfugiés espagnols : « je ne sais pas » écrit Espérance, mon père « ne nous a raconté que peu de choses sur cette période, trop difficile… », « À quel moment mes parents se sont-ils retrouvés dans le Lot, je l’ignore » écrit Hélène. Oui, la mémoire collective est fragile, les traces des épreuves disparaissent vite. C’est pourquoi les témoignages sont si précieux à recueillir.
Ce qui est vrai de l’histoire récente l’est tout autant de périodes plus anciennes. Faute de témoignages proprement dit, il faut aller à la source, c’est-à-dire aux documents d’archives, pour tenter de reconstituer, autant que faire se peut, le vécu de grands évènements (la fuite du Roi en 1791, la crise révolutionnaire de l’an II et de l’an III) ou de l’ordinaire des jours, en puisant par exemple dans les archives judiciaires. C’est tout l’intérêt de l’histoire locale d’être au plus près du terrain, dans le concret, dans le quotidien.
Le patrimoine a, comme toujours, sa place dans ce cahier mais cette fois-ci d’une façon très originale : comment un même monument (en l’occurrence la tour Trajane de Méréville) a-t-il été vu, admiré, critiqué, interprété au fil du temps et en fonction des circonstances. C’est donc que notre regard sur les choses du passé est loin d’être neutre, qu’il entre en résonnance avec nos préoccupations du moment. Ainsi les réfugiés d’hier, ceux de la guerre d’Espagne, font-ils écho à ceux d’aujourd’hui…

Jean-Pierre Durand
Président d’Étampes-Histoire.
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Cahier N° 18 (2021)

Ils sont tous les trois bien de leur temps : celui des Lumières. François, le chirurgien, soucieux de constamment améliorer sa pratique, d’approfondir ses connaissances pour mieux soulager ses patients ; Guillaume, le bourgeois qui, fortune faite en Haïti, s’installe dans la paroisse Notre-Dame avec sa maîtresse noire et ses enfants métis sans souci de déplaire ; Aglaé, la jeune aristocrate, élevée dans le luxe d’un hôtel parisien et du château de Courances, plutôt ouverte aux idées nouvelles mais vite terrifiée par la violence populaire. Trois destins qui nous aident à mieux comprendre comment les contemporains ont participé aux bouleversements de la société ou les ont subis : curiosité scientifique, goût de la liberté des mœurs, désir de réforme d’une partie de la noblesse pour peu toutefois qu’elle en tire avantage.
Les histoires individuelles, celles des anonymes ou des oubliés de l’Histoire, apportent un précieux éclairage sur leur temps. C’est aussi le cas des correspondances de guerre qui témoignent au plus près du réel du vécu de ceux qui se sont trouvés loin de chez eux et des leurs pendant de longues années. Gabriel Lainey, un homme « ordinaire », est ainsi aspiré dans le tourbillon de l’Histoire, celle de la Seconde guerre mondiale. Pendant cinq ans, « sa vie d’avant » est mise entre parenthèses. Il perd tout contrôle sur sa vie et celle des siens, il est impuissant face à un conflit qui n’en finit pas. Ses enfants grandissent sans lui et, quand il rentre enfin, ce n’est plus le même homme. Brisé par les épreuves de la captivité, dont il parle finalement assez peu dans ses lettres, il quittera les siens définitivement dix ans après la Libération.
Ce nouveau cahier, préparé dans le contexte difficile que nous connaissons depuis des mois, est comme les précédents le fruit de la recherche individuelle et de la réflexion collective. Nous espérons qu’il saura vous séduire.

Jean-Pierre Durand
Président d’Étampes-Histoire.
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Cahier N° 19 (2022)

L’Histoire au plus près du terrain, au plus près de l’humain, c’est ce que nous avons à nouveau tenté de faire dans ce Cahier. Se pencher sur le destin de Léon Métaut, cet enseignant victime de ses opinions pacifistes pendant la Seconde Guerre mondiale, sur les testaments de ceux qui ont voulu léguer leurs biens à leur ville natale ou d’adoption, sur le livre tenu au jour le jour par un laboureur de village au XVIIIe siècle, remarquer un os fiché dans un mur devant lequel chacun passe sans rien voir, tout cela procède de la même démarche : être attentif à ce qui ne saute pas aux yeux, chercher le sens des choses, ne jamais oublier ce que d’autres avant nous ont vécu et nous ont transmis.
On a peine aujourd’hui, dans un monde où tout est mobilité, à mesurer l’attachement des Étampois à leur cité. Cet enracinement est manifeste dans les legs que font certains habitants à une ville qu’ils ont parfois quitté depuis longtemps. Pourtant, Étampes a toujours été un lieu de passage dont la population se renouvelle constamment : beaucoup finissent par gagner la capitale, d’autres arrivent du sud ou des plaines du Nord par la route. Sur quoi se fondait donc malgré tout ce sentiment d’appartenance ?
Lorsqu’il revient dans sa ville natale pour inaugurer la fontaine qu’il lui a offerte, Émile Hugo évoque dans un bref discours le souvenir ému du clocher de Notre-Dame. Depuis, cette fontaine habille la place au cœur de laquelle elle est installée. C’est donc à travers le paysage urbain, ses églises, ses monuments et ses rivières que s’exprime l’identité d’Étampes et c’est sur cette identité que se forme le sentiment d’appartenance. Aujourd’hui, la généralisation des grandes enseignes nationales et internationales contribue à effacer l’originalité des villes : elles finissent par toutes se ressembler.
Le patrimoine, ce que nous avons en commun, est donc essentiel pour entretenir le sentiment d’appartenance. C’est pourquoi l’état d’abandon dans lequel se trouve depuis des décennies la chapelle de l’ancien hôtel-Dieu est si dommageable. Elle est aujourd’hui le seul témoin de cet hospice qui pendant des siècles a accueilli pauvres, malades ou soldats blessés de passage, et pris en charge les vieillards. Ce précieux patrimoine fait partie de la mémoire de la ville, de son passé. Il faut maintenant l’inscrire dans le présent en lui redonnant une nouvelle utilité sociale.

Jean-Pierre Durand
Président d’Étampes-Histoire

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Cahier N° 20 (2023)

Ce vingtième cahier est consacré pour l’essentiel au dix-huitième siècle d’avant la Révolution, une période qui a assez peu intéressé les historiens locaux, plus attirés par les périodes marquantes (Moyen-Âge, Renaissance) de l’histoire de leur ville. Il est vrai qu’il n’y a pas grand-chose à raconter sur ce qui s’est passé à Étampes au cours de cette époque en dehors des Te Deum à l’occasion des victoires ou des naissances royales ! Mais l’histoire locale a bien changé. Ses centres d’intérêt ne sont plus les mêmes : on cherche davantage à analyser les changements de la société, des modes de vie, des mentalités. Ses méthodes ont également évolué. Elle s’appuie davantage sur les données issues de la recherche universitaire. En effet, l’échelle locale gagne à être mise en perspective et replacée dans un contexte général. Comme l’écrit Jacques Gélis, « l’histoire locale et l’histoire générale forment un couple qui ne se conçoit pas l’un sans l’autre. » C’est d’ailleurs avec cette conviction que nous travaillons depuis de longues années.
Les articles que vous allez lire s’intéressent principalement à la société d’Ancien Régime dans ses dernières décennies : les stratégies de la noblesse, ou plutôt des noblesses, et ses réactions face aux bouleversements de la fin du siècle, la vie d’un laboureur telle qu’on peut l’apercevoir dans le livre de comptes qui nous est miraculeusement parvenu, la passion du jeu qui envahit toutes les couches de la société. Ces études cherchent à renouveler notre regard sur cette période si décisive de notre histoire nationale, à la veille d’une Révolution qui jette les bases de la société d’aujourd’hui.
La confrontation entre les publications universitaires et l’exploration des archives locales est riche d’enseignements. Ce qui a été longtemps considéré comme anecdotique (l’interdiction du jeu d’esses par exemple), replacé dans un contexte plus général, prend alors tout son sens. L’historien ne doit pas se contenter de collecter des faits, il doit chercher à les comprendre et à les faire comprendre à ses lecteurs. Il doit aussi être attentif aux traces du passé les plus discrètes telles ces pierres grattées dont la signification précise reste assez mystérieuse mais qui constituent un témoignage précieux d’usages oubliés.
Nous espérons que ce cahier saura retenir votre attention. Bonne lecture !

Jean-Pierre Durand
Président d’Étampes-Histoire

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Cahier N° 21 (2024)

Consacrer son temps et son énergie à explorer le passé peut sembler une occupation futile. Hanter les archives, consulter les ouvrages utiles serait-il fastidieux ? Ou bien l’amnésie serait-elle préférable ? Quand une personne en est atteinte, elle perd ses repères et se retrouve dans un monde qu’elle ne comprend pas. Quand c’est la mémoire collective qui est atteinte, les conséquences sont identiques. Connaître le passé de son pays, de sa région permet sans aucun doute de mieux comprendre le présent, même s’il est vain de vouloir tirer des leçons de l’Histoire. Quand on sait d’où l’on vient, on sait où l’on va...
Mais de quelle histoire s’agit-il ? Celle du « roman national » cher aux politiques qui ne visent qu’à flatter l’ego et le sentiment de supériorité d’un peuple ? Celle des habitants, de leur quotidien, de leurs aspirations : l’histoire des rivières et des moulins, celle de la condition féminine d’autrefois, des vieux métiers aujourd’hui disparus, d’une improbable vedette de l’art lyrique originaire de Monnerville, des Augustines de l’hôtel-Dieu, d’une statue de Picasso au prieuré de Saint-Hilaire… L’histoire vivante qui fait partie de l’identité locale et qui nous relie à notre passé.
Pourquoi ces choix ? En un temps où la question des rivières pose des problèmes de « continuité écologique », suscite des polémiques et menace la préservation des moulins, il n’est pas inutile de regarder en arrière. Quant à la condition des femmes qui était loin d’être une préoccupation de la société au cours des siècles passés, elle reste aujourd’hui un sujet d’actualité. Les sœurs Augustines présentes pendant si longtemps à Étampes sombreront dans l’oubli et l’indifférence comme la chapelle qui accueillait leurs dévotions.
C’est à cette histoire-là qu’Étampes-Histoire s’est attelée depuis longtemps. Force est de constater qu’elle trouve son public, un public qui se renouvelle tout comme les intervenants des conférences et les sujets abordés. Le maître mot est sans doute le partage : partage des recherches, confrontation des points de vue, partage avec ceux qui assistent à nos conférences et qui lisent nos publications.
Bonne lecture !

Jean-Pierre Durand
Président d’Étampes-Histoire
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Cahiet N° 22 (2025)

Consacrer son temps et son énergie à explorer le passé peut sembler une occupation futile. Hanter les archives, consulter les ouvrages utiles serait-il fastidieux ? Ou bien l’amnésie serait-elle préférable ? Quand une personne en est atteinte, elle perd ses repères et se retrouve dans un monde qu’elle ne comprend pas. Quand c’est la mémoire collective qui est atteinte, les conséquences sont identiques. Connaître le passé de son pays, de sa région permet sans aucun doute de mieux comprendre le présent, même s’il est vain de vouloir tirer des leçons de l’Histoire. Quand on sait d’où l’on vient, on sait où l’on va...
Mais de quelle histoire s’agit-il ? Celle du « roman national » cher aux politiques qui ne visent qu’à flatter l’ego et le sentiment de supériorité d’un peuple ? Celle des habitants, de leur quotidien, de leurs aspirations : l’histoire des rivières et des moulins, celle de la condition féminine d’autrefois, des vieux métiers aujourd’hui disparus, d’une improbable vedette de l’art lyrique originaire de Monnerville, des Augustines de l’Hôtel-Dieu, d’une statue de Picasso au prieuré de Saint-Hilaire… L’histoire vivante qui fait partie de l’identité locale et qui nous relie à notre passé.
Pourquoi ces choix ? En un temps où la question des rivières pose des problèmes de « continuité écologique », suscite des polémiques et menace la préservation des moulins, il n’est pas inutile de regarder en arrière. Quant à la condition des femmes qui était loin d’être une préoccupation de la société au cours des siècles passés, elle reste aujourd’hui un sujet d’actualité. Les sœurs Augustines présentes pendant si longtemps à Étampes sombreront dans l’oubli et l’indifférence comme la chapelle qui accueillait leurs dévotions.
C’est à cette histoire-là qu’Étampes-Histoire s’est attelée depuis longtemps. Force est de constater qu’elle trouve son public, un public qui se renouvelle tout comme les intervenants des conférences et les sujets abordés. Le maître mot est sans doute le partage : partage des recherches, confrontation des points de vue, partage avec ceux qui assistent à nos conférences et qui lisent nos publications.
Bonne lecture !

Jean-Pierre Durand
Président d’Étampes-Histoire